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La posture idéale pour le chant est...

La respiration idéale pour le chant c'est...

Le muscle principal de l'inspiration est...

Le larynx est constitué par...

Parmi les mécanismes laryngés on trouve...

Les plis vocaux sont...

Pour garder les cordes vocales hydratées il faut...

Les fausses cordes vocales sont...

La glotte est...

La langue est...

Chanter faux c'est...

Un bon prof de chant et de technique vocale...

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LA BONNE RESPIRATION POUR LE CHANT

Comment bien respirer quand on chante ?

Si vous avez pris des cours de chant, lu des bouquins sur le sujet ou si vous avez simplement fouillé dans le net, vous avez certainement entendu parler d’une “bonne respiration”, d’une “respiration diaphragmatique”, d’une profonde inspiration “par la bouche”, ou même “par le ventre”, de la “contraction du périnée” et de “l’ouverture du thorax” tout en gardant un “sourire intérieur”…

“Apprendre à respirer” pour apprendre à “bien chanter” peut sonner très juste à partir du moment ou la respiration est d’une importance majeure pour la production vocale.
Quoi de mieux alors, vous me diriez, que de focaliser notre attention sur la respiration?! Et c’est justement là où se cache un possible danger! Je m’explique…

UNE FONCTION AUTONOME OU CONTRÔLÉE?

La respiration est une fonction autonome, rythmique et contrôlée (eh oui, vous avez bien lu: autonome ET contrôlée à la fois).

Les deux mécanismes de régulation sont la régulation chimique (ex.taux de CO²) et la régulation nerveuse (système nerveux autonome et système nerveux somatique).

Pour faire simple, votre respiration est “AUTONOME” (quasi 24h/24h) quand par exemple vous êtes en train de lire ces lignes, quand vous parlez, quand vous mangez… et d’autant plus quand vous dormez (et heureusement!).
Par contre, votre respiration est “CONTRÔLÉE” quand par exemple vous soufflez une bougie, vous tenez votre souffle… ou vous chantez une longue note. C’est là où votre respiration active peut avoir sa place.

Les exercices de “cohérence cardiaque” ainsi que de nombreuses autres pratiques respiratoires millénaires (Tummo breathing, Pranayama…) abordent ce sujet passionnant en offrant des clés et des méthodologies précises et efficaces.

Vous me diriez, ok, mais pourquoi alors ne pas focaliser toute notre attention sur la respiration? Pourquoi ne pas apprendre à bien respirer?

UNE BONNE RESPIRATION

Tout d’abord, la “bonne respiration” n’existe pas, comme n’existe pas la “bonne posture”, le “bon régime” ou la “bonne manière” de vivre.

Chacun son corps et donc chacun son souffle (attention cela ne veut pas dire que notre respiration est forcement efficace et fonctionnelle). Une “bonne” respiration pour le chant est une respiration fluide et confortable; une respiration qui peut s’adapter sans grand effort demandé aux exigences de la pratique vocale (chantée ou parlée).

Focaliser notre attention sur la respiration pour “bien chanter”, c’est comme focaliser notre attention sur les pieds pour “bien marcher”. Néanmoins, nous ne sommes pas le résultat d’un assemblage de pièces indépendantes et séparées; nous sommes le fruit d’une synergie extraordinaire; ou pour citer le grand astrophysicien Hubert Reeves, nous sommes des poussières d’étoiles.
Porter toute notre attention seulement sur une partie du geste vocal risque de nous faire oublier le fonctionnement global. Le danger alors avec ce chemin d’ “apprentissage” est d’ “oublier” ce que l’on connait déjà. En essayant de maitriser notre respiration, nous risquons de verrouiller les autres sphères responsables de la phonation (pour en savoir plus sur les sphères du geste vocal: ici).

Certes la respiration thoracique et claviculaire, l’inspiration par la bouche, la contraction volontariste du périnée, l’effort constant pour le maintien de l’ouverture des côtes ou de la mâchoire… sont des gestes et des habitudes qui ne facilitent pas l’équilibre vocal.

Pour “apprendre” à respirer…, nous n’avons qu’à commencer par une étape primordiale: OBSERVER notre respiration pour mieux la CONNAITRE.
Cette étape peut paraitre tellement évidente qu’elle est souvent négligée. Dédiez 2-3 minutes par jour au “va et vient” de votre souffle. Votre respiration est une clé pour la stimulation des vos systèmes nerveux “sympathique” et “parasympathique”.
Soyez présent.e.s et attentifs.ves. à tout ce qui se présente (à l’intérieur et à l’extérieur de vous).
Respirez en conscience! Eh oui la respiration peut être un outil ultra-efficace pour votre pratique de méditation.

Prenez conscience de la respiration et tout d’un coup vous tombez amoureux de la vie.
– Maurice DAUBARD

OBSERVEZ VOTRE RESPIRATION...

..et posez-vous alors ces questions:

– Comment je respire?
– Par le nez ou par la bouche? …et quand je chante, comment je respire?
– Quand je parle, quand je lis à voix haute?
– Comment je respire quand un souvenir agréable traverse mon esprit?
– À quel rythme je respire? Quel est le ratio entre mon inspiration et mon expiration?
– Est-ce que je sollicite le diaphragme, les muscles abdominaux, le thorax, le dos ou les clavicules… ?
– Mon souffle est-il silencieux ou pas?
– Est-il profond?
– Est-ce que je peux sentir mon corps respirer?
– Est-ce que je sens mon cœur et ses battements dialoguer avec mon souffle?
– Comment je respire quand je suis stressé.e ou quand je viens de me réveiller après un bon sommeil réparateur?
– Comment ma posture influence mon souffle?
– Comment je respire quand je marche ou quand je fais de l’exercice physique?
– Combien de fois par jour je porte mon attention à ma respiration?
– Combien de fois par jour je respire?
– Quelle est la dernière fois où j’ai pris soin de ma respiration?
– Quelle est la dernière fois où je me suis posé ces questions?

ALORS ON CHANTE !

Le chant comme toute pratique vocale requiert le souffle.
Et comme on a vu lors du deuxième article dans ce blog, des fois nous sommes obligé.e.s de chercher une expiration active par la sollicitation de nos muscles expiratoires.
Bien heureusement l’humain n’a pas besoin de savoir quel muscle il faut contracter et quel autre il faut détendre, quel pression intrathoracique ou quel degré d’ouverture buccale chercher pour exprimer ses émotions et partager son chant.

Quelques signes d’une respiration saine et efficace pour la pratique vocale sont:
– une inspiration silencieuse (dés que possible nasale!)
– une gorge “ouverte” et une langue détendue
– une expiration longue et confortable
– des muscles abdominaux, thoraciques et dorsaux détendus à chaque inspiration
– une respiration costo-diaphragmatique
– un diaphragme et un périnée libre des tensions à chaque respiration
– une respiration fluide en lien avec le corps et ses mouvements
– un soutien musculaire nécessaire, suffisant et constant lors de la production vocale
– un bon accolement des cordes vocales pendant la phonation
– une voix résonnante (riche en harmoniques)
– un geste vocal confortable
– un corps ancré mais pas rigide; un corps flexible comme un jeune arbre
– un mental présent et détendu
– un chant qui nous fait plaisir, qui nous touche, qui exprime son message avec élégance et profondeur.

Une “bonne” respiration pour le chant est une respiration qui vient soutenir notre émission vocale, qui vient alimenter notre expression, sans nous blesser ou nous épuiser.
Oui, une “bonne” respiration pour le chant est bonne aussi pour notre santé physique, psychique et émotionnelle!

Alors RESPIRONS CONSCIEMMENT pour bien chanter et CHANTONS encore et encore pour mieux vivre et respirer!
Si cet article vous a plu et si vous voulez me soutenir dans cette démarche, merci de le partager au plus grand nombre.
Votre soutien va me motiver pour continuer l’alimentation de ce blog avec encore plus d’articles sur la technique vocale, le chant diphonique et la méditation sonore…

Au plaisir de…RESPIRER un jour ensemble 🙂
Iannis

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LE CHANT DIPHONIQUE OU HARMONIQUE

UNE DÉCOUVERTE RÉSONANTE

Je me souviens encore la première fois où j’ai pris conscience de ces sons purs qu’on appelle les “harmoniques”.

Automne 2012; ce soir là nous nous étions retrouvés chez nous avec des amis pour pratiquer des chants sacrés en cercle. Après une courte introduction dans ce monde, dans son contexte musical et culturel, nous nous sommes assis par terre. J’ai été en tailleur juste en face du professeur quand il nous a demandé de répéter après lui un long “Aaaaa…” à la fois posé et résonnant. J’avais déjà participé à des cercles de chant et d’autant plus j’avais déjà prononcé et entendu des voyelles comme le “A” (évident) donc jusque là rien de bizarre, rien de particulier.
Par contre quand Jean-Marie, notre prof, nous a demandé de répéter après lui encore et encore et encore… ce fameux “Aaaaa…” j’ai commencé à me demander
Mais qu’est-ce que je fais là ?
A quoi ça sert tous ces “aaaaa” ?
S’il nous faut 10 minutes pour apprendre à chanter le “aaaa” c’est sûr qu’on ne va pas aller très loin…”.

J’avoue que je n’étais pas prés à accepter tout cela. Mon mental analytique voulait tout comprendre, tout maitriser…
Mes préjugés n’ont pas tardé à prendre le dessus.

Avant d’abandonner et commencer à m’agiter dans tous les sens, je me suis permis une dernière chance. J’ai fermé les yeux, et j’ai commencé à respirer profondément. Je me suis abandonné dans ce bain sonore, dans ce “chant” bizarre, mais envoutant.

Un chant à deux voix

Tout d’un coup une autre voix, aigüe, claire, pure… est apparue au milieu de notre cercle! Oui, là juste devant moi. Je me suis dit “Mince! je commence à entendre des voix!”.
J’ouvre les yeux grands et je commence à regarder à droit et à gauche de moi pour résoudre le mystère. Mais qui parmi les participants avait choisi de nous faire cette blague ?
À ma grande surprise cette “voix” devenait de plus en plus forte, mais personne ne semblait la chanter. Elle commençait à occuper l’espace, elle venait de captiver toute mon attention, magnifier cet instant unique!
À la fin de la séance et avant que Jean-Marie parte, je l’ai approché pour en savoir plus sur ce phénomène remarquable.
– Il s’agit des harmoniques, m’a tout de suite dit avec sa voix grave.
– Les chants sacrés sont particulièrement riches en résonances et en harmoniques.

Je lui ai demandé si il y a une culture où les harmoniques ont une place protagoniste dans leurs mélodies.
– Oui, il y a les chants diphoniques mongols où la mélodie est dessinée par ces harmoniques.

Les harmoniques alors. Le chant diphonique et le chant mongol…
Le mystère commençait juste à se résoudre!

C'est quoi le chant diphonique ?

La définition du chant diphonique certes n’est pas la chose la plus facile.
Tout d’abord il faut définir le “chant”, et dans le dictionnaire Larousse nous trouvons cette définition: “Art de produire par la voix des sons mélodieux, des œuvres musicales.”
Quant au terme “diphonique”, il vient du grec “di + phonique” qui veut dire “deux + voix”.

Pour faire simple alors, le chant diphonique est un chant où UNE personne peut chanter à ” DEUX voix “!

La ” première voix ” attribuée au son fondamental de notre timbre est soutenue par les cordes vocales. En même temps un son plus aigu – la ” deuxième voix ” – est amplifié par nos cavités de résonance (pharynx, bouche…).

Pour le dire autrement, la voix est constituée par des fréquences harmoniques, comme un arc-en-ciel est constitué de couleurs.
Nos résonateurs sont le prisme de nos voix, comme les goutes de pluie sont les prismes pour les rayons du soleil.

Il suffit qu’on se mette à maitriser nos “prismes” pour commencer à maitriser nos résonances et nos chants.

Rien de sorcier …simplement magique!

Quelles sont les origines du chant diphonique ?

Le chant diphonique est une technique vocale répandue et présente dans diverses cultures du monde. La plus grande inspiration pour le ” chant diphonique ” occidental semble être le chant diphonique mongol et touvain.

Aujourd’hui, nous le trouvons également sous les appellations suivantes “chant harmonique”, “overtone singing”…, ou même “throat singing – chant de gorge”.

L’histoire de cette pratique et de ses origines restent jusqu’à aujourd’hui un mystère que les ethnomusicologues* n’ont pas encore réussi à dévoiler.

*Si vous voulez approfondir sur le sujet, voici la thèse de Johanni Curtet :
” La transmission du höömij, un art du timbre vocal : ethnomusicologie et histoire du chant diphonique mongol “.

Les sources les plus probables ayant inspiré ces cultures à cette pratique sont :

  • Le besoin de communication avec la nature, ses forces, ses énergies, ses fréquences et vibrations…
  • L’imitation du jeu de la flûte « Tsuur » ou même du jeu de la guimbarde « Aman Khuur ».
  • La démarcation des fluctuations du spectre résonantiel lors de l’exécution des épopées (voix de gorge « argil »).

Ma pédagogie diphonique

Quand je ferme les yeux pour visualiser les perspectives pédagogiques de ma pratique diphonique, je vois des séances individuelles en présentiel et à distance, des formations. Je vois l’accompagnement – l’harmonisation des groupes et des chœurs, des collaborations avec d’autres professionnels de la voix, de la santé et du bien-être. Je vois des signes qui me motivent, qui alimentent mon présent, ma passion et mon énergie :

Les yeux brillants et souriants de mes élèves

Les voix qui résonnent jusqu’au fond des émotions

Le beau chemin infini de recherche pédagogique qui éclot jour après jour devant moi.

Je dirais après tout que la transmission du chant diphonique ou harmonique ne m’intéresse pas tellement pour ses acrobaties spectaculaires et harmoniques.
Elle m’intéresse plutôt pour le terrain qui prépare en chacun de nous, pour les nouveaux chemins neuronaux qu’elle trace, pour l’écoute qu’elle cultive, pour la résonance et la conscience de notre geste vocal, de notre expression vocale aux forces et aux beautés insoupçonnées.

À SUIVRE...

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Au plaisir de…DIPHONER un jour ensemble 🙂

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Le triangle vocalique revisité

Édition N29 - Octobre 2022
triangle vocalique revisité afpc

Afin d’optimiser la résonance de sa propre voix, un travail sur l’écoute des harmoniques se révèle souvent efficace. Iannis Psallidakos en sait quelque chose, lui qui s’est spécialisé en chant diphonique. Il nous propose ici de revisiter le fameux « triangle vocalique », un outil précieux pour montrer aux élèves la position articulatoire de chaque voyelle.

Ma découverte du français et de ses voyelles

J’ai commencé à parler français à l’âge de 28 ans.Je viens d’un beau pays, la Grèce, berceau, comme on le dit souvent en France, de la démocratie, du théâtre, des épopées, de la philosophie, de la géométrie, de la physique, des arts et des sciences. La langue grecque a sensiblement évolué depuis Platon, Pythagore, Aristote et Épicure ; ce qui distingue le plus le grec moderne du grec ancien c’est la prononciation et la prosodie. Autrement dit, c’est sa musique, sa rythmique et ses timbres qui ont le plus changé au fil de ces quelques 25 derniers siècles. En grec moderne nous utilisons 5 sons vocaliques : [a], [e], [i], [o], [u]. Se retrouver à devoir prononcer les 15 voyelles du français (11 voyelles orales + 4 voyelles nasales) me semblait tout bonnement impossible ! J’avoue que le grec, sa grammaire et sa syntaxe ne sont pas faciles pour un étranger, mais la prononciation du français est un exercice minutieux qui exige du courage et un énorme travail articulatoire.

Je ne me plains pas, bien au contraire, et suis vraiment reconnaissant d’avoir rencontré cette langue si riche et singulière ! Le français m’a donné accès à des expériences inestimables. Sa prononciation m’a permis d’affiner mon écoute, de prendre conscience de mes articulations, de mes timbres vocaux et de mes résonances. Aujourd’hui je ne parle toujours pas le français comme un natif « hexagonal » ; malgré mes études vocales, mon métier de professeur de chant et de technique vocale, mon accent en reste le témoin. La voix, ses timbres et ses voyelles sont un mystère : plus je le creuse, plus il m’ensorcèle.

Je me souviens encore de la première fois que j’ai entendu ces sons purs : les fréquences harmoniques. Assis en tailleur, nous chantions des voyelles quand tout à coup, une autre « voix » a fait son apparition au milieu de notre cercle. Cette expérience m’a ouvert des horizons que je ne pouvais pas imaginer auparavant. Il y a eu un avant et un après le chant diphonique qui est rentré dans ma vie et ne peut plus en sortir.

Grâce à cette pratique, j’ai pu affiner mon écoute, et pas seulement l’audition, j’ai pu comprendre mieux la nature de la voix, de ses registres et de ses résonances, me connecter avec le cœur du son et de ses vibrations. Le chant diphonique est une discipline très exigeante : elle nécessite la maîtrise des 3 premiers formants de la voix.

Pour renforcer la présence et la qualité du bourdon dans le son que l’on émet, on utilise le premier formant ; pour amplifier la zone des fréquences responsable de la mélodie « harmonique » et spectrale, on crée un cluster avec les 2ème et 3èmeformants, et ensuite nous modulons sa hauteur pour dessiner notre mélodie « diphonique ».

C’est certainement grâce au chant diphonique que j’ai mieux compris le français, et grâce au français que j’ai mieux compris cette manière si envoûtante de chanter. En complément des expérimentations dans ce domaine, j’ai souvent recours au triangle vocalique.

Le triangle vocalique

Le triangle – ou trapèze – vocalique, est une représentation graphique des caractéristiques articulatoires des voyelles matérialisées acoustiquement par leurs formants respectifs.

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La première représentation du triangle vocalique est due au médecin allemand Christoph Friedrich Hellwag (1754-1835) dans son « De Formatione Loquelae » (1781). Le triangle vocalique, en nous donnant des informations relatives à la hauteur des deux premiers formants, peut aider à l’articulation des voyelles d’une langue donnée.

Ce schéma permet de classer les voyelles selon deux axes :

  • Horizontalement, axe du 2èmeformant, correspondant à la profondeur du point d’articulation : degré d’antériorité/postériorité de la voyelle.
  • Verticalement : axe du 1erformant qui figure le degré d’aperture de la voyelle.
Un triangle inadéquat ?

Mes études et expériences en technique vocale m’ont offert des pistes d’exploration infinies et des questions qui ne cessent de me nourrir. Ma pratique diphonique et plus précisément mon grand intérêt pour la transmission de cet art, m’ont amené à utiliser le triangle vocalique avec mes élèves, pour le travail de la résonance. Les limites de cet outil n’ont pas tardé à se présenter et je me suis très tôt mis en recherche pour trouver (ou créer) d’autres schémas plus parlants.

Voici, aujourd’hui, les questions que je me pose concernant ce fameux outil ; est-il adéquat pour :

  • Expliquer la réalité vocale et le rôle de nos articulateurs ?
  • Nous aider à comprendre que le conduit vocal n’est pas un assemblage de cavités de résonance, séparées, au long du tractus vocal (comme le modèle de Helmholtz nous laisse imaginer) ?
  • Nous aider à comprendre que les formants ne se situent pas dans la gorge, dans la bouche ou entre les lèvres, mais qu’ils résonnent tout au long du conduit vocal ?
  • Expliquer l’articulation vocalique et ses nombreuses voies alternatives pour le même résultat sonore ?
  • Prendre en compte la « migration des voyelles » lors de la modulation de la fréquence fondamentale ?

Enfin, peut-on toujours se fier à ce modèle pour aider à la compréhension de la nature résonantielle de la voix ? Deux siècles et demi après son apparition, et après de beaux progrès dans les sciences vocales et acoustiques, le temps est peut-être venu de laisser place à des outils qui parviennent mieux à démontrer cette réalité phonatoire.

La théorie des perturbations

On pourrait parler pendant des heures de la résonance et de ses diverses théories qui essaient d’expliquer sa nature et son comportement.J’ai choisi de présenter succinctement la théorie des perturbations, car elle peut offrir des bases solides pour la recherche. Cette théorie décrit l’influence des mouvements articulatoires sur les fréquences résonantielles du conduit vocal  (Chiba &Kajiyama (1941; The Vowel, its Nature and Structure; reprinted in 1958 by the Phonetic Society of Japan) et Fant (1960; The Acoustic Theory of Speech Production; the Hague, Mouton).

Pour chaque zone de résonance, il existe une onde stationnaire entre la glotte et les lèvres, illustrée dans le schéma ci-dessous pour les quatre premiers formants vocaliques. Chaque onde stationnaire est caractérisée par des nœuds N, où l’amplitude de la vibration est nulle, et des ventres V où elle est maximale.

noeuds ventres

Les nœuds et les ventres restent à peu près aux mêmes endroits d’une voyelle à l’autre. Plus les formants montent en fréquence, plus les nœuds et les ventres se rapprochent et plus il devient difficile de les viser et de les sélectionner. C’est d’ailleurs pour cette raison que nous pouvons très facilement moduler la hauteur des formants 2 et 3, mais il nous est quasiment impossible de maîtriser la hauteur fréquentielle du formant du chanteur, cluster des 4ème et 5ème formants, voire plus.

Mais comment pouvons-nous changer la hauteur d’un formant ?

Avec nos articulateurs (langue, lèvres, mâchoires, voile du palais, pharynx, etc.) nous pouvons moduler la fréquence d’un formant en rétrécissant ou en élargissant le conduit vocal au niveau des nœuds ou des ventres. Le rétrécissement du conduit vocal à un ventre fait baisser la fréquence du formant. Le rétrécissement à un nœud augmente la fréquence de ce formant ; et vice-versa pour l’élargissement du conduit.

Même le larynx et sa position joue un rôle dans l’articulation des voyelles : par exemple sa hauteur dans le conduit vocal peut venir équilibrer l’allongement du conduit provoqué par l’arrondi des lèvres lors de l’émission du son « ou ». Tous ces gestes sont en jeu pendant la phonation. Chaque geste (rétrécissement ou élargissement) influence plusieurs formants ; chaque formant peut être modulé par des gestes différents.

Un schéma « perturbé »

J’ai choisi de nommer ce schéma « perturbé », car il est inspiré de la théorie des perturbations que nous avons vu ci-dessus. Quand j’ai découvert cette autre proposition, le triangle vocalique ne m’a plus semblé aussi idéal. Mais si ses indices articulatoires et formantiques ne me satisfaisaient plus, quel autre schéma pourrait refléter ce que j’avais compris jusqu’ici ? Un schéma qui :

  • Pourrait aider à comprendre les liens et interactions entre les voyelles et les formants
  • Indiquerait les gestes à réaliser dans notre conduit vocal : constrictions et élargissements pour chaque nœud ou ventre des ondes stationnaires et ce, pour chaque voyelle.
  • Démontrerait la présence simultanée de deux premiers formants tout au long du conduit vocal.

Ce schéma vous est proposé ci-dessous ; les grands cercles correspondent aux endroits d’élargissement du conduit vocal et les petits cercles noirs aux endroits rétrécis.
Ce schéma prend en compte les deux formants responsables de l’identification des voyelles (orange pour F1 et vert pour F2), ainsi que les nœuds et les ventres de leurs ondes.
La couleur jaune indique des gestes alternatifs pour atteindre le même (ou quasi le même) résultat vocalique.

schema perturbe complet
Pour conclure … provisoirement

Le triangle vocalique est un outil effectivement riche. Oui, comme il l’indique, le son [u] exige une langue plus reculée que pour un [i] ; et oui, pour le son [a], nous devons ouvrir la bouche davantage. Néanmoins le modèle théorique sur lequel il est basé ne peut plus être en accord avec la réalité physique et résonantielle telle qu’on la connaît aujourd’hui. Quant à la théorie des perturbations, elle nous donne les éléments pour comprendre le comportement de nos résonances en lien avec la forme complexe de notre conduit vocal.

Le schéma que je vous ai proposé ci-dessus essaie d’intégrer toutes ces informations relatives à la formation des voyelles, tout en gardant un aspect simple pour une lecture et une transmission facilitée. Je ne peux pas savoir si le pari est gagné, si vous allez trouver cet outil intéressant, si au moins il fera émerger des questions et ouvrira un dialogue pédagogique. Je l’espère !

Une chose est certaine, indépendamment du destin de ce schéma, je suis convaincu que l’essai en valait la peine. Grâce à ce voyage, je me sens plus riche ; je me sens mieux équipé pour continuer mes aventures sur ce beau chemin de la science vocale.

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POURQUOI LA RESPIRATION

QUELLE EXPÉRIENCE UNIQUE!!!

C’était un moment formidable! Et bien que je n’aie aucun souvenir de cela à vous raconter, oui, je suis persuadé que cet instant, cette première prise d’air au moment de ma naissance était une expérience …salvatrice! Inspiration…et puis une première expiration en voix à la fois beltée*, saturée* et twangée*, dessinant des sirènes ascendantes et …insupportables (tu imagines bien).

*termes employés par la science vocale désignant des registres résonantiels. Ici, je les utilise pour décrire le timbre vocal du cris d’un bébé.

MAIS POURQUOI CE POST?

Si vous êtes en train de lire ceci, mon premier article de mon tout nouveau blog (!!!), cela veut dire déjà que vous RESPIREZ (continuez, je ne voulais pas vous couper…).
Si vous vous demandez “mais qu’est-ce qu’il y a bien pu lui passer par la tête et il veut nous parler de l’air?”, je vous explique tout de suite:
Notre chant, notre voix est le reflet sonore de notre état psychocorporel et de notre geste vocal. Lors de mes cours, ateliers ou stages, je cherche toujours à accompagner mes élèves à trouver ou à retrouver un geste sain, efficace et confortable qui va ensuite leur permettre d’atteindre leur objectif recherché.


Voici les 5 sphères du geste vocal autour desquelles je construis mes séances:
Le corps (santé physique, ancrage, posture, mouvement, équilibre…)
Le mental (conscient et inconscient, cartésien et cerveau limbique…)
– La production vocale (souffle, vibration, résonance)
– La psychoacoustique (l’étude des relations entre les sons et leur interprétation par le cerveau)
– La proprioception (l’ensemble des informations nerveuses transmises au cerveau permettant la régulation de la posture et des mouvements du corps)


Ces sphères sont toutes importantes! (je vous dirais le pourquoi dans un prochain article).
Leur équilibre est essentiel tant pour notre santé que pour notre chant.
Le souffle alors, comme vous pouvez le voir, fait partie de la sphère responsable de la production vocale et plus précisément c’est grâce à lui que nos cordes vocales peuvent se mettre en vibration (effet de Bernoulli) pour nous offrir des fréquences et des mélodies capables de nous mettre en larmes ou dans d’irrésistibles pas de danse.


En fait, le souffle peut faire le lien entre notre corps et notre mental en prenant alors une place beaucoup plus grande dans notre vie de tous les jours!
(…)
Comme je vous l’ai déjà dit, cela est le premier post de mon tout nouveau blog, et plus précisément est le premier d’une série d’articles que je vais dédier à LA RESPIRATION.


Si cet article vous a plu et si vous voulez me soutenir dans cette démarche, merci de le partager au plus grand nombre. Votre soutien va me motiver pour continuer l’alimentation de ce blog avec encore plus d’articles sur la technique vocale, le chant diphonique et la méditation sonore…


Au plaisir de…RESPIRER un jour ensemble 🙂

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LE FONCTIONNEMENT RESPIRATOIRE

UNE ÉNERGIE VITALE

Depuis la nuit des temps, des civilisations et cultures ancestrales, de grandes traditions du monde entier ont porté une attention particulière, une importance sacrée à l’étude du souffle. Pour le célèbre médecin Hippocrate, l’observation du souffle faisait déjà partie du diagnostic, sans oublier qu’en grec, “pneuma” (πνεύμα) désigne à la fois le vent, l’air, le souffle, la respiration, mais aussi l’esprit et l’âme. D’ailleurs en latin “respirare”, et en suite en français “respirer” contient dans son étymologie la racine “spiritus” (esprit). En Chine le souffle c’est lui qui nourrit le “Qi”, l’énergie vitale. En Inde et plus précisément en yoga, le souffle on l’appelle “Prana” et pour encore une fois c’est la Vie, c’est l’énergie qui lie l’homme et l’univers.

Oui, le souffle c’est la vie, ou plus précisément c’est notre précieuse source d’énergie pour continuer à vibrer, à digérer, à bouger, pour grandir, pour parler ou pour chanter…
Nous venons dans ce monde avec un cri, nous partons de ce monde avec un dernier souffle.

Nous pouvons survivre sans manger pendant plus de 3 semaines; nous pouvons vivre sans boire pendant 3 jours; par contre, notre corps commence à sonner l’alarme dès que nous essayons de retenir notre respiration plus d’une minute (avec une pratique consciente et quotidienne, nous pouvons déplacer nos limites bien au-dessus de ça!).
“Le mental est le roi des sens; le souffle est le roi du mental.”
– B.K.S. Iyengar

Notre santé, physique ET psychique dépend réellement de la manière dont on respire:

Des études scientifiques, de plus en plus nombreuses, démontrent que l’asthme et les obstructions des voies respiratoires, la dysfonction métabolique (ex.diabète), les infections chroniques, les lésions cérébrales, ainsi que l’anxiété, la dépression, les attaques de panique, les épuisements et les burnout… sont souvent des symptômes et des signes d’un dysfonctionnement respiratoire.
La bonne nouvelle: en trouvant un geste respiratoire sain et fonctionnel, nous pouvons inverser la courbe et créer un cercle vertueux pour notre bien-être et notre guérison.

Comment fonctionne la respiration?
À la naissance, notre rythme respiratoire est d’environ 50 cycles / minute; quasi une respiration par seconde, des bouffées d’air rapides et irrégulières pour oxygéner notre corps, nos organes, nos cellules et tout genre des tissus qui ont soif d’air et d’oxygène.
Des années plus tard, en tant qu’adultes, nous respirons en moyenne entre 6 et 18 fois par minute pour un volume de 6 litres d’air par minute.

À chaque inspiration nos muscles inspiratoires se contractent (le muscle inspiratoire principal est le diaphragme) et ainsi une sous-pression se crée pour faire appel à l’air extérieur du corps. L’oxygène (et surtout l’azote en 78%) passe par nos voies aériennes supérieures (nez, pharynx, trachée), traverse les bronches et les bronchioles pour arriver aux alvéoles au sein de nos poumons. C’est là ou l’échange gazeux (oxygène – CO²) se produit entre les millions d’alvéoles pulmonaires et les capillaires qui les enveloppent.

À chaque expiration les muscles inspiratoires se relâchent et le diaphragme remonte passivement dans le thorax pour retrouver sa position de repos – c’est ainsi que l’air (enrichi en CO²) sort de nos poumons.
Dans le cas où on cherche une expiration active (ex. quand on chante “fort” ou quand on tousse) on utilise les muscles expiratoires (intercostaux internes, grand droit, obliques et transverse) pour augmenter davantage la pression intrathoracique.
Attention quand même aux verrous. Une expiration active doit toujours se faire avec conscience, dans le respect de nos limites, à l’écoute de nos corps et de nos voix.

Si cette description aux termes difficiles à assimiler parait compliquée, en fait …c’est une version SIMPLIFIÉE pour décrire ce processus miraculeux, ce “va et vient” du souffle, ce rythme vital d’une importance majeure. J’avoue que la description d’un miracle (comme celui du souffle) n’est pas si facile que ça… 🙂

Et quid pour le CHANT?
La voix chantée, encore plus que la voix parlée, demande une source d’énergie bien présente pour pouvoir se produire.
Est-ce qu’il faut “respirer par le ventre”? Est-ce qu’il faut “prendre beaucoup d’air”, “baisser les épaules”, “inspirer par la bouche”, “pousser le diaphragme”, “garder les cotes ouvertes”, “contracter le périnée”, “chanter dans une colonne d’air”, “soulever le palais mou”… ou tout simplement, est-ce qu’il faut vraiment “apprendre à respirer”?

Pour avoir mon avis à toutes ces questions fondamentales, je vous invite à patienter jusqu’au prochain article de mon blog…

Si cet article vous a plu et si vous voulez me soutenir dans cette démarche, merci de le partager au plus grand nombre.
Votre soutien va me motiver pour continuer l’alimentation de ce blog avec encore plus d’articles sur la technique vocale, le chant diphonique et la méditation sonore…

Au plaisir de…RESPIRER un jour ensemble 🙂

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Chant diphonique

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